La Rochelle – Roses : La diagonale des potos

depart

C’est parti

Les ingrédients : Cartes fluotées, réservations confirmées, essence ras les bouchons, 2 HD et un cabriolet

Par un matin frisquet nous avons lâché notre bord Atlantique et foncé en diagonal sur Roses, avec dans la tête un espoir de douceur et au fond des sacoches des maillots de bain juste sortis de la naphtaline. Heureusement qu’il y a l’espoir car ce sont des garçons à peine décongelés que nous avons retrouvés sur la place d’Auvillar. Halte dans la pizzeria du coin, petit tour de la très belle halle circulaire sur ses colonnades toscanes et nous filons en pays cathare.

Au cœur du pays cathare

Délaissant Carcassonne, nous entrons au pays des « parfaits et des parfaites » par la ville-bastide de Mirepoix. Nous débutons la « transcatharienne » par la fin de l’histoire avec un détour par Montségur dont la chute, en 1244, signa la fin d’une religion « symbole de tolérance, de liberté et d’ouverture d’esprit »… lutte éternelle entre tolérance et totalitarisme, l’heure aurait pu être à la philosophie. Mais il se fait tard, l’air fraîchit et nous n’avons pas la hargne des varappeurs qui attaquèrent la forteresse et firent plier les derniers résistants cathares. Nous filons vers notre première étape sans même grimper au sommet.

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Respect pour la Virago du cuistot

Halte à Quillan. Et c’est en contemplant la moto du cuistot, le lendemain matin, que nous comprenons l’équilibre d’une carte de restaurant qui tangue entre cassoulet et pad thaï. Sacoche genre balancier sur Virago, assez de kilomètres au compteur pour avoir fait plusieurs fois le tour du globe. Respect !

Les routes du pays Cathare valent vraiment le voyage. Les garçons passent devant au défilé de Pierre-Lys et dans leur enthousiasme de rouler de si beaux virages ne lèvent même pas la tête pour admirer la dentelle du château de Puilaurens. Magnanimes nous le leur prenons en photo.

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la belle route du défilé de Pierre-Lys…

Puilaurens

…fait oublier la dentelle de Puilaurens

Retrouvailles à l’entrée des Gorges de Galamus pour un aller-retour général en moto, il faut dire qu’au vu des photos trouvées sur internet nous n’avions pas trop envie de nous y aventurer en cabriolet. Epoustouflant. Et c’est le minuscule Agly, tout au fond, qui a ainsi creusé la roche ! Halte pour admirer l’ermitage accroché à la montagne et nos Harley sont littéralement englouties par un essaim de Goldwing. Toute honte bue et surtout crêpes englouties (Yannick a un penchant pour le sucré, nous confirmons) nous optons pour un déjeuner à Collioure (encore manger !). Le vent s’est levé. Frisquet. Direction Roses où nous attendent Patrick et Pascale.

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L’ermitage accroché au rocher

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Paysage à couper le souffle

Collioure

Halte déjeuner à Collioure

Villajuiga… y’a un sacré potentiel !

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Nos berniques rhétais

Bon, les belles routes des contreforts pyrénéens étaient un prétexte. Le but de notre périple était surtout de retrouver nos potos, nos berniques réthais qui se sont décrochés des côtes charentaises pour dériver vers les rivages méditerranéens. Et comme après moult déboires ils ont enfin trouvé un nouveau rocher pour se fixer, nous voulons voir de quoi il retourne. Pas question de laisser faire sans palabrer à l’infini sur le besoin d’un second évier dans la cuisine, la nécessité de déplacer l’actuelle salle de bain qui accueille une baignoire aussi lourde que les tweets de Trump ou la meilleur manière d’accommoder un fauteuil à tapisserie à ramages. Y’a du potentiel et « un peu » de boulot.

Explications à l’appui nous commençons à entrevoir le préau réservé aux motos, les chambres aux motards, la belle salle commune au plafond vouté avec son coin billard. Elle raconte bien la Pascale… et nous on a de l’imagination. Pour arroser l’Hostal de los Potatospotatos en voie future d’achèvement et comme notre première journée catalane commence sous un beau soleil, inauguration la terrasse de Villajuiga avec un déjeuner hispano-charentais, à savoir, huîtres et jamón.

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Premier déjeuner à l’Hostal de los Potatospotatos

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A la suite des baskets

Pour digérer le rosé et parce que les premiers nuages pointent, les 3 Harley emboitent les roues de la 125 de Pascale et ses magnifiques baskets roses (Pascale pas la moto) pour une découverte des beautés locales, de Cadaquès au Cap Créus, de San Pere Pescador à Begur en passant par Pals. Mais qué frio ! La tendance de ces quelques jours restera aux doudounes et aux jolis paysages sous ciel menaçant. Nos maillots de bain ne connaitront d’autre horizon que le fond des sacoches.

Cap-Creus

Cap Creus

Un air de Pyrénées espagnoles

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Enfin, on décapote !

On the road again. Délaissant les apéros-tapas-tapas-apéros et les balades roue dans roue, l’heure est arrivée de dire au revoir à nos berniques catalans et d’attaquer les Pyrénées espagnoles.

Comme un fait exprès, plus nous nous éloignons des rivages méditerranéens, plus la température grimpe. De quoi négocier avec entrain la mythique N260 également surnommée la route aux mille virages. Santa Pau, la Séu, Sort, Bruno et moi retrouvons notre parcours de l’été passé avec un indicible plaisir… et quelques petites variations.

Une déception tout de même à Ainsa quand nous apprenons que la « route de Francis » – inside-raccourci pour désigner le canyon d’Anisclo signalé « à ne pas manquer » par Francis le Bordelais- est fermée pour cause d’éboulement. Dans un improbable restaurant à la déco mi Moyen-Age mi Renaissance à la sauce Valérie Damidot, décision est prise d’aller randonner au pied du Mont-Perdu.

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Le Mont Perdu en vue

De fait le parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu qui fêtera son centenaire en 2018 mérite à lui seul le voyage. Vues vertigineuses sur les rivières en fond des gorges, perspectives magiques sur les montagnes encore enneigées, promenade le long des rivières aux eaux mordorées ou dans les sous-bois : on en deviendrait grandiloquent. Le paysage ferait presque oublier l’état de la route du retour (cœur fragile s’abstenir !) où le principal rôle des passagères (en dehors de serrer les fesses) est de repérer le potentiel véhicule en sens inverse. Au chauffeur de négocier le croisement. Alors que dire si nous avions été en voiture !

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Version décontractée avant de négocier la route du retour

Dernier diner espagnol et nos motards prennent la pleine dimension du terme « se les geler » en passant versant ubac au dessus de Saint-Lary et que, bonnes filles, nous nous fendons d’un commentaire compatissant en voyant le thermomètre de la voiture afficher 2°.

Transcatharienne en vue

Capture d’écran 2017-04-23 à 17.40.32Certains croyaient nous abandonner et fuir seuls vers l’Espagne. C’est bien mal nous connaître ! Nous profitons des grands week-ends du printemps pour fourbir les motos et filer vers Rosas, mais à notre rythme, en passant par le pays Cathare et ses routes à jolis virages.

Breakout

Derniers préparatifs. La petite reste!

preparatifs

Nous avons ressorti les cartes, peaufiné notre roadbook, mélange réfléchi d’arrêts requinquants et de virolos à nous tanner la peau des fesses… départ dans quelques jours.

cartes

A la recherche de la route parfaite

qui va conduire ?

Oups, moi je ne veux pas conduire!

Eurofestival 2015

Déplacement « en grand » pour célébrer les 10 ans de Grimaud. Belles balades en vue.

Brochette

Eurofestival 2015… belle brochette

St-Trop-Eurofestival St-Trop-Eurofestival-2015Hardcore-Eurofestival-2015On ne se lasse pas de ces petits détails… avec à la clé l’éternelle question: comment font-elles pour tenir ainsi en position grenouille?

 

Et bien « frenchie » l’aventure se termine autour d’une jolie table…

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Au pays des volcans

Au pays des volcans

Départ, chacun de son coté, comme dab. D’ailleurs version filles on a pas forcément envie de se taper une andouillette à 9H du mat. Le Tom-tom fait la route… de campagne. 13H ? Déjeuner ? La diagonale Lusignan/Limoges offre bien moins de haltes gastronomiques que Trat ou Krabi. Le premier routier croisé fera donc l’affaire, même si le 375 (qui vend même des T-shirts à son effigie !) de Couhé n’a plus grand chose à nous proposer le pauvret.

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Les Ombrages, parking de luxe pour motards fatiguées

 

Finalement nous atteignons Pleaux et Les Ombrages avant les garçons que nous entendons pétarader dans la « ville » à notre recherche. Une petite coupe pour fêter la vente de RéMonde et dîner sur place. Succulent. C’est notre première truffade (mélange de pommes de terre et de tomme), first but not last.

 

Les-Ombrages-ReMonde

L’île de Ré vaut bien une coupette

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Saveurs locales: qui voulait la version light?

 

 

 

 

 

 

 

Auvergne

Vue du Puy Mary 

 

Salers

Salers, superbe petite cité. Ne nous retournons pas trop vite les nuages menacent.

Château-fortL’Auvergne tient ses promesses : des paysages à couper le souffle, des châteaux comme dans les contes de notre enfance, des forêts d’un vert profond. Au col du Puy-Mary nous déjeunons sur fond de volcans en veux-tu en voilà. Tiens donc, truffade ET alligot… De quoi tenir jusqu’à Salers avant un dîner à la ferme-auberge du Bruel. Pas le genre roboratif pour le coup, plutôt nouvelle cuisine… ce n’est pas ce à quoi nous nous attendions. Retour by night, by routes humides et virolos.

 

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Le lac Pavin

Changement de domicile. Nous quittons les Ombrages accompagnés d’un rayon de soleil, les garçons prennent la grand route et nous, nous suivons Tom-Tom : lacs, forêts, charmant. Mais le tableau de bord serait-il détraqué ? 8° ! Et oui 8°. Oups, ça c’est en arrivant dans la ravissante cité de Besse. Encore une fois avant les garçons qui se sont égarés du coté du Puy-de-Sancy. Le soleil nous ayant abandonné, dans l’après-midi nous nous contentons d’un tour au lac Pavin, clin d’œil à Yannick qui nous avait vanté la beauté du lac et la gentillesse des autochtones… ce en quoi elle n’avait pas menti.

 

Besse-neigeSous-pull, pulls, blousons, polaires, Damart… harnachés comme des bibendum nous sommes prêts à monter au rocher de l’Aigle et côtoyer les plaques de neige du coté de la Bourboule. Un petit rayon de soleil nous permet tout de même de prendre un verre en terrasse face à la basilique d’Orcival. Déjeuner (oh, une truffade !) avant de partir à l’ascension du Puy-de-Dôme. Surprise ! Qui donc tapote l’épaule de Patrick, sinon sa tantine qu’il a omis de prévenir de notre passage sur ses terres clermontoises?

 

Pour notre dernière virée auvergnate et fêter le soleil revenu, pique-nique sur les rives du lac de Bort-les-Orgues. Soulagement au passage de ne pas avoir trouvé d’hôtel dans le coin, la ville est sans charme et dormir sous le barrage et la menace de ses millions de m3 d’eau, très peu pour nous ! Sieste au soleil et retour par les lacs et forêts. Charmant.

 

Retour, chacun de son coté, comme dab. Pour les filles ce sera resto ouvrier à Uzerche, entouré de belles demeures Renaissance, avec vue sur un petit vallon et foie gras dans l’assiette. Pour les garçons, repas en zone commerciale. On a pas les mêmes valeurs !

 

Grimaud : que font-ils sans nous (les filles) ?

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Franchement, passé le matinal steak-frites-ballon-de-rouge-café, une fois disparus au tournant de la station Esso de La Pallice tous pots pétaradants, nous étions en droit de nous poser la question. Et bien voilà… la réponse en photo.

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Tiens, un smartphone ! Voyons voir comment ça fonctionne… si je devenais accro…

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Qu’elle est belle ma poignée… Un coup de chiffonnette et ce sera parfait.